Lorsqu’un projet de construction se concrétise, la mission géotechnique G2 s’impose comme une étape décisive. Encadrée par la norme NF P94-500 et renforcée par la loi ELAN depuis 2020 (qui impose une étude de sol avant toute construction en zone d’aléa retrait-gonflement des argiles) elle constitue la phase de conception géotechnique du projet.
Cette mission se subdivise en deux phases distinctes : la G2 AVP (Avant-Projet) et la G2 PRO (Projet). La première cadre les risques et oriente les choix constructifs tandis que la seconde les traduit en prescriptions techniques précises et engageantes. Il ne s’agit donc pas de deux études concurrentes, mais bien de deux phases complémentaires qui s’enchaînent logiquement.
G2 AVP : une étude de faisabilité technique
La mission G2 AVP intervient lorsque les grandes lignes du projet sont définies, mais où des ajustements restent possibles sans impact financier majeur. Explicitement, elle permet d’anticiper les contraintes du sol avant que le projet ne soit figé, et donc d’éviter des corrections coûteuses en phase travaux.
Sur le plan technique, la G2 AVP repose sur une série d’investigations adaptée au contexte du site. Elle inclut généralement des :
- sondages destructifs ou carottés,
- essais in situ comme les essais pressiométriques lorsque la portance du sol est incertaine,
- analyses en laboratoire (identification des sols, teneur en eau, limites d’Atterberg).
L’objectif est de caractériser les horizons géologiques, d’identifier les niveaux porteurs et de détecter les éventuels aléas : argiles sensibles au retrait-gonflement, remblais hétérogènes, présence d’eau ou encore sols compressibles.
Au terme de ces investigations géotechniques, le bureau d’études fournit un rapport détaillé comprenant un modèle géotechnique du site, une première approche des descentes de charges (souvent estimatives), ainsi que des recommandations sur les solutions de fondations envisageables. À ce stade, le dimensionnement reste volontairement approximatif mais cohérent avec les données disponibles.
La G2 AVP joue également un rôle économique déterminant. Elle permet de comparer plusieurs scénarios techniques et d’en mesurer les impacts financiers. Par exemple, un sol médiocre pourra orienter vers un radier général ou des fondations profondes, avec des écarts de coûts pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros sur une maison individuelle.
G2 PRO : une étude de conception détaillée

La mission G2 PRO intervient lorsque le projet a atteint un niveau de définition suffisant : plans architecturaux validés, structure dimensionnée, descentes de charges établies par le bureau d’études structure. Contrairement à la G2 AVP, il ne s’agit plus d’explorer des options, mais de traduire une solution en prescriptions techniques précises et exécutables.
Dans cette phase, le géotechnicien s’appuie sur les données de l’AVP, qu’il affine en fonction des caractéristiques exactes du projet. Il n’est pas rare que des investigations complémentaires soient nécessaires, notamment si l’emprise du bâtiment a évolué, si des charges ont été revues à la hausse ou si certaines zones du terrain n’ont pas été suffisamment explorées. Cette adaptation continue garantit la cohérence entre le sol réel et l’ouvrage projeté.
Le changement fondamental réside dans le niveau de précision. Là où la G2 AVP proposait des ordres de grandeur, la G2 PRO fournit des valeurs calculées et justifiées. On passe ainsi d’une recommandation indicative à un dimensionnement rigoureux :
- largeur exacte des semelles,
- profondeur d’ancrage,
- contraintes admissibles,
- vérification des tassements et de la stabilité globale.
Les documents produits en G2 PRO servent de base aux entreprises pour exécuter les travaux et engagent la responsabilité du bureau d’études. On y retrouve notamment :
- des notes de calculs géotechniques (portance, tassements, stabilité),
- des plans de fondations détaillés avec dimensions précises et modalités d’ancrage,
- des spécifications techniques d’exécution (traitement des sols, amélioration éventuelle),
- des recommandations de gestion des eaux (drainage, nappe, ruissellement).
À ce stade, le niveau d’incertitude est fortement réduit. Dans des conditions d’investigation satisfaisantes, les aléas géotechniques résiduels deviennent marginaux, généralement estimés à moins de 10 à 15 % des risques initiaux.
Tableau comparatif entre G2 AVP et G2 PRO
La vraie différence entre ces deux phases n’est ni une question de degré ni simplement de prix. Elle tient à leur nature profonde : la G2 AVP cadre et oriente le projet en amont ; la G2 PRO l’engage en aval.
| Critère | G2 AVP (Avant-Projet) | G2 PRO (Projet) |
| Moment d’intervention | En amont, lorsque le projet est encore ajustable | En aval, sur un projet architecturalement défini |
| Niveau d’investigation | Reconnaissance générale du sol | Investigations ciblées et approfondies selon le projet |
| Précision des livrables | Hypothèses dimensionnelles et solutions possibles | Calculs précis et prescriptions d’exécution |
| Objectif principal | Étudier la faisabilité et orienter les choix | Dimensionner précisément et sécuriser la construction |
| Coût indicatif | Environ 1 500 à 4 500 € | Environ 2 500 à 5 500 € selon la complexité |


